À Besançon, l’été ne se contente plus de rimer avec terrasses ensoleillées et balades au bord du Doubs. Entre deux services de ping-pong dans les parcs, un autre match se joue en ligne, bien plus imprévisible : celui du ping-pong littéraire orchestré par Jacky Schwartzmann et Sylvain Chantal. Chaque jour, ces deux auteurs se renvoient un fragment d’histoire comme on se renverrait une balle, sans scénario figé, avec pour seule règle l’envie de surprendre l’autre et les lecteurs. Le résultat ? Des chroniques estivales qui bousculent les codes de la littérature sérieuse et installent un véritable dialogue créatif entre un romancier bisontin attaché à son quartier de Planoise et son complice nantais, rencontré presque par hasard lors d’un salon du livre.
Cette expérience joueuse, lancée début juillet pour s’achever le 31 août, raconte autant une histoire fictive qu’une aventure humaine. Deux écrivains qui se disent ne pas se connaître vraiment acceptent pourtant de se faire confiance, d’avancer à tâtons dans une intrigue mouvante, et d’exposer cette démarche au public, en direct, chaque fin d’après-midi. Entre 17 h et 18 h, un nouvel épisode apparaît, comme un rendez-vous ritualisé. Les lecteurs découvrent un récit qui se construit sous leurs yeux, mais aussi les coulisses d’un échange artistique où l’ego s’efface derrière le plaisir du jeu. À l’heure où beaucoup de projets culturels se pensent en stratégie de communication, cette série improvisée résonne comme un contre-pied réjouissant, ancré dans la culture locale de Besançon tout en dialoguant avec d’autres scènes littéraires françaises.
Ping-pong littéraire à Besançon : un match d’écriture qui bouscule la littérature classique
Le terme de ping-pong littéraire pourrait sembler anecdotique au premier abord, presque gadget. Pourtant, dans cette expérience menée entre Besançon et Nantes, il désigne une véritable méthode de travail, pensée comme un sport d’endurance créative. Le principe est simple en apparence : un jour, Jacky Schwartzmann écrit un épisode, le lendemain, c’est au tour de Sylvain Chantal. Chacun reprend la balle exactement là où l’autre l’a laissée, sans négociation préalable sur la suite. Cette absence de plan détaillé oblige à une vigilance constante, comme lorsqu’on essaie d’anticiper le prochain coup d’un adversaire sur la table de ping-pong du quartier.
Ce fonctionnement raconte beaucoup de choses sur la façon dont évolue la littérature aujourd’hui. Au lieu du roman solitaire, enfermé des mois dans un bureau, on assiste à une écriture au grand air, presque sportive, où la réaction rapide fait partie du jeu. L’inspiration n’a pas le luxe de s’étaler : le texte doit être prêt pour la publication quotidienne, entre 17 h et 18 h. Cette contrainte temporelle crée une tension particulière, perceptible dans la nervosité des dialogues et le rythme des scènes. Les chapitres courts, ciselés, rappellent le format des séries, mais avec une touche pulp et déjantée typique de Schwartzmann.
Les racines de ce projet ne sortent pas de nulle part. Le romancier bisontin avait déjà habitué ses lecteurs à des intrigues ancrées dans les lieux qu’il connaît intimement, de Planoise au Luxembourg, en passant par Lyon. Sa page biographique détaillée éclaire bien cette trajectoire, de l’ouvrier devenu auteur à succès, toujours prompt à faire entrer dans ses livres les réalités sociales des quartiers populaires. Le ping-pong littéraire transpose cette fidélité au réel dans un cadre plus ludique, où l’humour noir et le sens du dialogue jouent un rôle central.
Ce qui frappe dans cette expérience, c’est aussi la manière dont elle revisite le rapport entre auteur et lecteur. Habituellement, le public reçoit un roman terminé, déjà validé par l’éditeur, mis en forme, relu, stabilisé. Ici, le texte reste en mouvement permanent. Au milieu de l’été, au fameux « point de passage à mi-parcours », personne ne sait encore où l’histoire atterrira, pas même les deux écrivains. Le plaisir de lecture vient précisément de cette incertitude assumée. Chaque nouveau post semble répondre à une question silencieuse : jusqu’où oseront-ils aller en se lançant ainsi la balle ?
Pour les passionnés de narration, cette démarche permet d’observer à nu plusieurs mécanismes d’écriture. Quand Sylvain Chantal récupère un personnage à bout de souffle laissé par Jacky Schwartzmann, il doit décider s’il choisit la continuité ou la rupture. Renforcer un trait de caractère, en introduire un nouveau, déplacer l’action de Besançon vers un décor nantais, ralentir ou accélérer la tension : chaque épisode devient un mini-laboratoire de choix narratifs. Les chroniques produites au fil des jours forment alors une sorte de longue improvisation structurée, comme un solo de jazz partagé à deux.
Cette approche expérimentale s’inscrit dans une tendance plus large qui voit se multiplier les projets hybrides, mêlant écriture, réseaux sociaux, formats courts et interactions régulières avec le public. Elle rejoint, par exemple, des initiatives où le ping-pong sert de prétexte à créer du lien social autour de la culture. Le lancement d’un projet d’écriture partagée dans un foyer socioculturel, tel qu’évoqué à propos d’un atelier mêlant dictée et théâtre, illustre cette volonté de démocratiser les pratiques narratives en s’inspirant du jeu de table le plus convivial qui soit.
Le principal enseignement de cette première partie de l’aventure est là : la littérature n’a rien perdu de sa capacité à se réinventer quand elle accepte de sortir de sa zone de confort. Le ping-pong littéraire, loin d’être une simple fantaisie estivale, devient une manière de rappeler qu’un texte est d’abord un geste, un mouvement, un aller-retour permanent entre ceux qui écrivent et ceux qui lisent.

Jacky Schwartzmann à Besançon : humour noir, culture locale et personnages déjantés
Impossible de comprendre la portée de ce dialogue créatif sans revenir sur le parcours de Jacky Schwartzmann. Né à Besançon, il revendique un lien viscéral avec sa ville natale et en particulier avec le quartier de Planoise. Cet attachement revient régulièrement dans ses interventions publiques, notamment lors de rencontres organisées dans les médiathèques ou dans l’émission présentée dans le cadre des « replays surprises de l’été », visible via la plateforme de replay de Campus Besançon. On y découvre un auteur joyeux, hyperactif, qui ne se contente pas de parler de ses livres mais raconte aussi comment le décor urbain, les voisins, les copains d’enfance nourrissent son imaginaire.
Ses romans ont souvent pour théâtre des lieux qu’il a réellement habités. Ce choix ancré dans le concret lui permet de déployer une galerie de personnages hauts en couleur, qu’il propulse dans des situations à la fois rocambolesques et terriblement plausibles. On se souvient, par exemple, de cet homme de main qui officie en soutane, ou de ce tueur à gages parachuté dans un EHPAD bisontin, oscillant entre tragique et burlesque. Ce goût pour la caricature tendre, trempée dans un humour grinçant, irrigue aussi les épisodes du ping-pong littéraire. À chaque nouvelle publication, les lecteurs guettent l’apparition d’un détail absurde, d’une réplique assassine ou d’un retournement moralement ambigu.
Cette veine satirique n’empêche pas une vraie tendresse pour les marginaux. Schwartzmann ne pratique pas l’ironie froide mais une forme de complicité affectueuse avec ces personnages cabossés, souvent coincés entre lois sociales et débrouille quotidienne. Dans le ping-pong littéraire, cette empathie trouve un terrain de jeu inédit. Quand son partenaire, Sylvain Chantal, attrape au vol une figure inventée la veille, il peut choisir de la pousser vers le grotesque pur ou au contraire de lui offrir un moment de grâce inattendu. Ce balancier permanent donne aux chroniques un ton mouvant, parfois presque sentimental derrière les traits d’humour.
Besançon n’est pas qu’un décor de carte postale dans cette aventure. La ville devient un personnage à part entière, avec ses rues, ses bars, ses médiathèques, ses tours de Planoise et ses institutions culturelles. Le débat littéraire autour de la place des quartiers populaires dans la fiction s’invite en filigrane dans les échanges. Quand un écrivain issu de ces territoires assume pleinement ses origines et continue d’y situer ses intrigues, il offre une représentation rare, loin des clichés misérabilistes. Les lecteurs qui connaissent les lieux décrits y retrouvent des sensations familières ; ceux qui ne les ont jamais visités s’y promènent par procuration.
Pour mesurer la façon dont cet écrivain irrigue la culture locale, il suffit de jeter un œil aux nombreux événements qui lui sont consacrés dans les bibliothèques ou festivals du coin, recensés par des plateformes comme ce portail d’actualités locales. Rencontres, séances de dédicaces, ateliers avec les scolaires : la présence de Schwartzmann dépasse largement ses parutions en librairie. Le ping-pong littéraire vient prolonger ce mouvement d’ouverture, en offrant un format gratuit, accessible en ligne, qui fonctionne comme un feuilleton collectif de l’été.
Ce qui séduit particulièrement dans cette démarche, c’est la façon dont elle réconcilie plusieurs publics. Les amateurs de polar y retrouvent leur dose de tension, les lecteurs avides d’humour savourent les punchlines, les curieux de formes nouvelles observent la mécanique de l’échange artistique en temps réel. Pour un coach, un éducateur ou un animateur culturel, ce type de projet peut même devenir un support idéal pour lancer une discussion sur la création : comment naît un personnage ? Comment deux sensibilités différentes arrivent-elles à se compléter sans se neutraliser ?
En fin de compte, le ping-pong littéraire apparaît comme un prolongement logique du parcours de Jacky Schwartzmann : celui d’un auteur qui n’a jamais abandonné le plaisir du jeu, tout en traitant de sujets parfois très sombres. Son univers prouve que la littérature peut être à la fois physique, sociale et joyeusement irrévérencieuse.
Quand Besançon dialogue avec Nantes : Sylvain Chantal et l’échange artistique à distance
Si Besançon constitue l’un des pôles de ce projet, l’autre se situe à Nantes, où vit et écrit Sylvain Chantal. La première rencontre entre les deux auteurs s’est jouée au détour d’un salon littéraire, quelque part près du domicile de l’humoriste Thomas VDB. Un contexte presque anecdotique, mais qui résume bien l’état d’esprit de cette collaboration : un alignement de hasards, une conversation qui accroche, un humour commun, et l’idée un peu folle de se lancer dans une série estivale à quatre mains. Le coup de fil décisif tombe le 28 juin. Quelques jours plus tard, le 1er juillet, le premier épisode du ping-pong littéraire est en ligne.
Le rôle de Chantal dans ce duo est essentiel. Là où Schwartzmann apporte sa familiarité avec les décors bisontins et son ton pulp, Sylvain Chantal propose une autre musicalité, une autre façon de découper les scènes et de faire parler les personnages. Quand vient son tour de répondre à l’épisode précédent, il ne se contente pas de prolonger l’intrigue ; il la détourne, la colorise, l’emmène parfois vers des rivages plus introspectifs, ou au contraire plus délirants. Ce contraste crée la dynamique même du dialogue créatif : les zones de choc entre les deux styles deviennent des points d’accroche pour les lecteurs.
On pourrait comparer ce dispositif à une partie de double en tennis de table, mais où les joueurs se trouvent dans deux villes différentes. Internet fait office de filet, les fichiers échangés deviennent des balles virtuelles. Pourtant, cette distance géographique n’empêche pas une complicité croissante au fil des épisodes. Peu à peu, chacun apprend à anticiper les réflexes narratifs de l’autre, à prévoir où il aimera placer tel type de scène ou de punchline. La relation entre les deux écrivains évolue ainsi en coulisses, parallèlement à celle des personnages qu’ils inventent.
Cette forme de travail collectif rejoint, sur un autre plan, ce que l’on observe dans certains projets éducatifs mêlant écriture et activité physique. Dans un collège d’Amiens, par exemple, l’installation d’une table de ping-pong pour dynamiser la cour de récréation a permis de créer de nouveaux espaces de rencontre entre élèves. De manière comparable, le ping-pong littéraire sert ici de point de contact entre deux scènes culturelles locales, celle de Besançon et celle de Nantes. À travers leurs textes, les auteurs font circuler des ambiances, des références, des accents, sans jamais perdre de vue le plaisir du récit.
Le dispositif s’appuie aussi fortement sur les réseaux sociaux. Chaque nouvel épisode, mis en ligne dans un créneau précis en fin d’après-midi, est partagé, commenté, relayé. Certains lecteurs jouent à deviner qui, de Schwartzmann ou de Chantal, a rédigé la dernière livraison en se basant sur des indices de style. D’autres imaginent des fins alternatives ou proposent des pistes pour la suite, sans que les auteurs s’y conforment nécessairement. L’important n’est pas de suivre les suggestions, mais de montrer que la littérature reste une matière vivante, susceptible de nourrir conversations et désaccords.
Pour donner une vision plus concrète de l’organisation de ce feuilleton, voici un tableau récapitulatif des éléments clés du projet :
| Élément | Caractéristique |
|---|---|
| Période | Du 1er juillet au 31 août, avec un suivi régulier à mi-parcours |
| Fréquence de publication | Un épisode par jour, mis en ligne entre 17 h et 18 h |
| Auteurs | Jacky Schwartzmann (Besançon) et Sylvain Chantal (Nantes) |
| Principe | Écriture alternée : un jour l’un, un jour l’autre, sans plan prédéfini |
| Ton général | Humour décalé, atmosphère pulp, ancrage urbain et social |
| Interaction avec les lecteurs | Lecture en temps réel, commentaires en ligne, spéculations sur la suite |
Ce panorama montre à quel point l’expérience repose sur une discipline souple : contraintes fortes (calendrier, alternance stricte) mais liberté totale de contenu. Cette alliance paradoxale donne sa saveur à l’entreprise. Elle éclaire aussi une tendance de fond : les frontières entre création professionnelle et écriture de loisir s’estompent. En suivant au jour le jour cette série, certains lecteurs se sentent encouragés à tenter, eux aussi, leurs propres échanges artistiques, que ce soit dans un club d’écriture, un atelier scolaire ou une simple conversation par mails.
Au final, l’axe Besançon–Nantes trace une ligne imaginaire sur la carte de France, une sorte de trajectoire littéraire où chaque épisode devient une nouvelle halte. C’est cette mobilité permanente, géographique et stylistique, qui donne au ping-pong littéraire sa dimension la plus stimulante.
Un laboratoire narratif : comment les chroniques du ping-pong littéraire se construisent jour après jour
Au-delà de l’anecdote estivale, ce projet fonctionne comme un véritable laboratoire de narration. Chaque épisode doit tenir seul, tout en s’inscrivant dans une continuité globale, un peu comme une séance d’entraînement qui s’intègre dans un programme de préparation physique. Les auteurs jonglent entre arcs narratifs, cliffhangers, retours de personnages secondaires, et prises de risque sur la forme. Certains jours, le texte se concentre sur une scène d’action nerveuse ; d’autres, il s’autorise une pause plus introspective ou une dérive comique.
Pour les lecteurs attentifs, il devient passionnant de repérer les différents « coups » utilisés par les deux écrivains. On y retrouve notamment :
- Des entrées en matière très directes, qui plongent immédiatement dans l’action.
- Des dialogues rapides, proches de l’oral, qui installent humoristiquement les conflits.
- Des fins d’épisodes ouvertes, pensés comme des services liftés vers le partenaire.
- Des allers-retours entre Besançon et d’autres lieux, jouant sur le contraste des décors.
- Des détournements de codes du polar, de la comédie et du feuilleton populaire.
Chaque procédé a une fonction précise. Une fin abrupte incite à revenir le lendemain, un changement de point de vue donne de la profondeur à un personnage, une digression apparente prépare en réalité un futur rebondissement. En suivant la série comme on suivrait une préparation sportive, on voit se dessiner une courbe de progression : les premiers épisodes tâtonnent, puis la confiance mutuelle s’installe, les risques deviennent plus assumés, les dialogues gagnent en complicité.
Pour analyser cette mécanique, certains articles détaillés reviennent sur les « sacrées histoires » de ce feuilleton estival et soulignent combien « de bonnes surprises » jalonnent l’expérience. Les lecteurs curieux peuvent, par exemple, explorer un développement approfondi proposé par un média régional dans un long article consacré à cette aventure, qui insiste notamment sur le point de passage à mi-parcours et la manière dont l’intrigue, sans plan fixe, parvient malgré tout à garder le cap.
Au cœur de ce processus, une question revient souvent : comment éviter de se répéter quand on écrit aussi régulièrement ? La réponse se trouve dans le partage des responsabilités. En laissant à l’autre le soin de surprendre, chacun se libère d’une partie de la pression. Quand un épisode semble s’acheminer vers une impasse, le partenaire peut choisir d’ouvrir une porte inattendue, de changer d’échelle, d’introduire un nouveau lieu ou un nouveau personnage. Ce ping-pong narratif empêche la routine de s’installer.
Chroniques bisontines
Timeline du ping-pong littéraire
Suivez, étape par étape, le duel amical entre Jacky Schwartzmann et Sylvain Chantal.
Ce dispositif fournit également un terrain d’observation privilégié pour celles et ceux qui souhaitent travailler leur propre écriture. En décortiquant les épisodes, il est possible de repérer comment une simple description de lieu peut amorcer un conflit, ou comment une réplique anodine devient, quelques jours plus tard, un élément clé de la résolution. Dans ce sens, le ping-pong littéraire joue presque le rôle de cours de narration grandeur nature, gratuit et accessible à tous.
L’enjeu, pour Jacky Schwartzmann et Sylvain Chantal, est de parvenir à refermer la parenthèse estivale sans trahir ce qui a fait le charme de cette aventure : le droit à l’improvisation. Clore un récit construit ainsi, coup après coup, exige un vrai doigté. Il s’agit de ne pas sacrifier la liberté conquise au fil des semaines, tout en offrant une sortie satisfaisante aux lecteurs. Cette tension finale fait partie intégrante de l’expérience, comme le dernier set d’un match serré où chaque point compte double.
En observant ce laboratoire à ciel ouvert, une idée s’impose : quand l’écriture accepte de s’exposer, d’oser le tâtonnement visible, elle devient non seulement un objet de lecture mais aussi un spectacle en soi.
Besançon, terrain de jeu culturel : culture locale, débats littéraires et nouvelles pratiques
Le ping-pong littéraire ne se joue pas dans le vide. Il s’inscrit dans un environnement urbain où la culture locale prend progressivement conscience de ses forces. Besançon, longtemps perçue surtout comme une ville de patrimoine, affirme de plus en plus son identité contemporaine à travers des projets qui croisent arts, sport et participation citoyenne. Les bibliothèques municipales, les associations de quartier, les radios locales et les collectifs d’artistes constituent un écosystème fertile, capable d’accueillir des initiatives aussi atypiques que ce feuilleton estival.
Les rencontres avec Jacky Schwartzmann organisées dans les médiathèques, décrites dans des programmes comme ceux du réseau « Le club invite… », témoignent de cette volonté de rapprocher les auteurs des habitants. Lorsqu’un romancier vient parler de ses polars où se côtoient un homme de main en soutane et un tueur à gages dans un EHPAD bisontin, le débat littéraire se déplace du seul cercle des spécialistes vers un public beaucoup plus large. Chacun peut interroger l’écrivain sur ses choix de représentation, sur sa manière de traiter l’humour et la violence, sur sa vision du quartier de Planoise.
Dans ce contexte, le ping-pong littéraire agit comme un prolongement numérique de ces échanges de terrain. Les habitants qui n’assistent pas physiquement aux rencontres peuvent néanmoins suivre, jour après jour, l’évolution de l’histoire coécrite par Schwartzmann et Chantal. Les réseaux locaux, les sites d’information bisontins ou les pages personnelles de l’auteur, telles que son profil sur les plateformes sociales, relaient régulièrement cette aventure, créant une circulation continue entre le virtuel et le réel.
La métaphore sportive n’est pas anodine. En combinant l’image du ping-pong avec la pratique de l’écriture, ce projet renvoie à une tendance plus générale, où l’on cherche à faire dialoguer corps et esprit. Dans certains lieux, des ateliers hybrides voient le jour, mêlant dictée, théâtre, lecture à voix haute et activités physiques légères. Une structure dédiée à la diffusion de ces pratiques, comme le montre ce type d’initiative autour de la rencontre entre littérature, BD et réseaux sociaux, s’inscrit dans cette même logique : décloisonner les disciplines pour toucher un public plus diversifié.
Besançon offre un terrain idéal pour ce genre d’expériences. La ville, traversée par des débats sur la mixité sociale, la rénovation urbaine et la place des jeunes, se prête bien aux récits qui oscillent entre chronique du quotidien et fable noire. Le ping-pong littéraire, en jouant avec ces codes, permet aussi de poser quelques questions sensibles sans adopter le ton professoral. Que devient un quartier populaire lorsqu’il devient décor de fiction ? Comment éviter la caricature tout en assumant une écriture très marquée par l’humour et l’exagération ? Où se situe la frontière entre satire et stigmatisation ?
Les discussions suscitées par la série montrent que ces interrogations ne laissent pas indifférent. Certains lecteurs apprécient particulièrement la manière dont l’univers de Schwartzmann redonne la parole à des figures rarement mises en avant dans les médias traditionnels. D’autres pointent les risques d’une approche trop ludique, qui pourrait, selon eux, atténuer la gravité de certains sujets. L’intérêt du projet tient précisément dans cette capacité à générer un véritable débat littéraire, où l’on discute autant de style que de responsabilité.
Parmi les effets secondaires positifs de cette effervescence, on peut noter la mise en lumière d’autres formes de création bisontine. Quand un roman pulp ou une série en ligne attire le regard sur la ville, il contribue aussi à valoriser les initiatives voisines : théâtre de rue, festivals de musique, expositions d’art urbain, ateliers d’écriture animés dans les structures sociales. La littérature devient ainsi l’un des fils conducteurs d’une trame culturelle beaucoup plus large, qui traverse les quartiers et les générations.
En observant comment Besançon s’empare de ce ping-pong littéraire, une évidence apparaît : la culture locale n’est pas seulement ce que les institutions programment, mais ce que les habitants s’approprient, commentent, transforment. Et une série à deux voix, publiée chaque soir au cœur de l’été, peut y contribuer de façon étonnamment puissante.
Lecteurs, pédagogues, curieux : comment s’emparer du ping-pong littéraire comme outil créatif
Au-delà du plaisir de suivre les chroniques quotidiennes, le ping-pong littéraire offre un formidable terrain d’expérimentation pour tous ceux qui souhaitent encourager la création autour d’eux. Enseignants, bibliothécaires, éducateurs sportifs, animateurs de quartier ou simples passionnés peuvent y trouver une source d’inspiration pour concevoir leurs propres dispositifs. L’idée centrale est simple : organiser un échange artistique régulier entre deux personnes ou deux groupes, en alternant les contributions, comme on se renvoie une balle sur une table de ping-pong.
Concrètement, un atelier peut s’inspirer du duo Schwartzmann–Chantal de plusieurs manières. Deux classes de collèges, par exemple, pourraient se lancer dans un feuilleton commun, en publiant un épisode tous les deux jours sur l’ENT de l’établissement. Un club de lecture intergénérationnel pourrait également imaginer une histoire où les adolescents écrivent les scènes d’action et les aînés prennent en charge les passages plus contemplatifs. Ce type de dispositif favorise la coopération tout en respectant les différences de style et de sensibilité.
Les bénéfices pédagogiques sont nombreux. Le cadre clair (alternance, calendrier, nombre de lignes maximum par épisode) donne un sentiment de sécurité, tandis que la liberté narrative stimule l’imagination. Les participants apprennent à accepter que leur texte soit prolongé, détourné, parfois contredit par celui des autres. Cette acceptation de la perte de contrôle peut s’avérer précieuse, notamment pour les jeunes qui ont du mal à lâcher prise. Ils découvrent que l’écriture n’est pas seulement une performance individuelle, mais aussi un sport collectif où l’on s’enrichit des idées de ses partenaires.
Pour ceux qui souhaiteraient structurer ce type d’atelier, une approche progressive peut être pertinente : commencer par de courts échanges de lettres fictives entre personnages, puis passer à des scènes plus longues, et enfin tenter un véritable feuilleton sur plusieurs semaines. L’essentiel reste de conserver un esprit de jeu, sans transformer l’exercice en évaluation figée. En ce sens, le modèle offert par le ping-pong littéraire de Besançon est précieux : même lorsque l’intrigue se densifie, le plaisir de s’amuser avec le texte demeure visible.
Ceux qui suivent déjà de près l’actualité de Jacky Schwartzmann savent que l’auteur aime s’impliquer dans ce type de démarches, en intervenant régulièrement dans des structures éducatives ou culturelles. Son parcours montre qu’il est possible de concilier exigence littéraire et accessibilité, humour ravageur et profondeur sociale. Reprendre cette posture dans des ateliers locaux, que ce soit à Besançon, Nantes ou ailleurs, revient à prolonger l’esprit même de ce ping-pong à quatre mains : créer du lien, stimuler le dialogue créatif, ouvrir des espaces de parole inattendus.
En fin de compte, le meilleur hommage à cette aventure serait peut-être de la voir essaimer. Imaginer, dans d’autres villes, d’autres duos d’auteurs, d’élèves, de voisins ou de collègues, prêts à se lancer le défi d’une histoire partagée, jour après jour. C’est dans cette multiplication de petites pratiques inventives que la littérature prouve, une fois encore, qu’elle ne se limite pas aux rayons des librairies, mais qu’elle circule, rebondit et se transforme au rythme des rencontres humaines.
Comment suivre au quotidien le ping-pong littéraire entre Jacky Schwartzmann et Sylvain Chantal ?
Les épisodes du ping-pong littéraire sont mis en ligne chaque jour en fin d’après-midi, dans un créneau situé entre 17 h et 18 h. Ils sont relayés par les réseaux sociaux des auteurs, par différents médias locaux de Besançon et parfois intégrés à des articles de presse consacrés à la culture régionale. Il suffit donc de s’abonner aux pages publiques des écrivains ou de suivre les rubriques culturelles des sites d’actualités bisontins pour ne manquer aucun nouvel épisode.
Le ping-pong littéraire est-il accessible à des lecteurs peu habitués à la littérature ?
Oui, le format sérialisé et le ton souvent humoristique rendent ce feuilleton particulièrement accessible. Les épisodes sont courts, rythmés et reposent beaucoup sur les dialogues, ce qui facilite l’entrée dans l’histoire. Même sans références littéraires particulières, un lecteur peut apprécier l’intrigue, les personnages et les situations décalées. C’est d’ailleurs l’un des objectifs du projet : montrer que la lecture peut être aussi ludique qu’un match de ping-pong.
Peut-on s’inspirer de ce projet pour créer un atelier d’écriture en milieu scolaire ou associatif ?
Tout à fait. Le principe d’alternance entre deux auteurs se transpose facilement à deux classes, deux groupes ou même deux participants. Il suffit de définir une fréquence de production (par exemple un épisode par semaine), un volume de texte indicatif et quelques contraintes ludiques. L’atelier peut ensuite s’appuyer sur la lecture d’extraits du ping-pong littéraire pour analyser les techniques utilisées : gestion du suspense, caractérisation des personnages, rebondissements imprévus.
La ville de Besançon joue-t-elle un rôle particulier dans cette aventure ?
Besançon n’est pas seulement le lieu d’origine de Jacky Schwartzmann, elle fournit aussi une partie des décors, des ambiances et des thèmes abordés. Le quartier de Planoise, par exemple, inspire certains personnages et certaines situations. Cette dimension locale contribue à ancrer le récit dans une réalité reconnaissable, tout en offrant aux lecteurs extérieurs une plongée singulière dans la vie bisontine. La ville devient ainsi un véritable personnage secondaire du feuilleton.
Le ping-pong littéraire est-il prévu pour se poursuivre au-delà de l’été ?
Le projet actuel est conçu comme un feuilleton borné dans le temps, allant du 1er juillet au 31 août. Cependant, le succès des épisodes et les retours des lecteurs peuvent inciter les auteurs à réactiver le dispositif sous une autre forme : nouvelle histoire à quatre mains, ateliers publics, lectures performées. Même si la série estivale s’arrête à la date prévue, l’expérience acquise et l’enthousiasme suscité ouvrent la porte à d’autres collaborations, à Besançon comme ailleurs.
Coach sportive passionnée de 31 ans, j’accompagne les personnes motivées à atteindre leurs objectifs, à se sentir mieux dans leur corps et à progresser chaque jour. Mon énergie et ma bienveillance sont au service de votre évolution !
